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Burn out

Le 09 décembre 2016

Comment éviter le burn out ?

Par définition, le burn out correspond à un état d’épuisement qui trouve son origine dans la vie professionnelle. La définition la plus classique est celle de Maslach et Leiter?: « Un écartèlement entre ce que les gens sont et ce qu'ils doivent faire. Il représente une érosion des valeurs, de la dignité, de l’esprit et de la volonté – une érosion de l’âme humaine. C’est une souffrance qui se renforce progressivement et continument, aspirant le sujet dans une spirale descendante dont il est difficile de s’extraire… Qu’arrive-t-il lorsque le burn out vous gagne ? En fait, trois évènements surviennent : vous vous sentez chroniquement épuisés ; vous devenez cynique et vous vous détachez de votre travail ; et vous vous sentez de plus en plus inefficace dans votre job. »

Eviter le burn out relève d’une démarche associant deux axes de travail :

- Les facteurs de risque collectif ;
- Les facteurs de risque personnel.

Au sein d’une entreprise, il existe des méthodes participatives d’évaluation et d’élaboration concertées de plans d’action. Pour cela, le premier partenaire pour le salarié est le service de santé au travail.

A titre indicatif et non exhaustif, la classification en six familles, établie par le collège d’expertise sur le suivi statistique des RPS au travail mis en place par le Ministère du Travail en 2008 (source : le syndrome d’épuisement professionnel ou burn out, mieux comprendre pour agir, ANACT INRS Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social).

- Les exigences au travail : intensité et temps de travail : délai irréaliste, objectif irréaliste, charge réelle et charge ressentie, conciliation vie professionnelle et vie personnelle ;

- Les exigences émotionnelles : contact difficile avec des clients ou le public, violence verbale, violence physique, afficher des émotions en contradiction avec son ressenti… ;

- L’autonomie et les marges de manœuvre : faible marge de manœuvre dans la manière de faire son travail, contrainte de rythmes auxquels on ne peut pas se soustraire, sous-utilisation des compétences, objectif flou… ;

- Les relations au travail : clarté des objectifs, solidarité et disponibilité entre collègues, expression, violence en interne, physique ou morale, reconnaissance des efforts, encadrement de proximité… ;

- Les conflits de valeur et la qualité empêchée : perte du sens de son travail, impression de faire un travail inutile, impossibilité d’échanges avec les collègues ou l’encadrement sur les objectifs ou la manière de faire son travail, impossibilité d’échanges d’entre professionnels sur les critères de qualité du travail effectué… ;

- L’insécurité socioéconomique de la situation de travail : peur de perdre son emploi, retard dans le versement des salaires, précarité du contrat, changement non maîtrisé, incertitude sur l’avenir de son métier, peur de devoir changer de qualification ou métier sans y être préparé…

Des facteurs personnels entrent également en ligne de compte :

- La réaction aux facteurs de risque sera variable selon des traits de personnalité : instabilité émotionnelle, caractère consciencieux, importance du travail dans la vie, engagement fort au travail…

Extrait de « Entreprise et santé n° 33 premier trimestre 2016. www.entrepriseetsanté.fr »

Le burn out devient un véritable enjeu de santé publique.

Dans une question écrite publiée au JO du Sénat le 31 juillet 2014, le sénateur de la Manche, Monsieur Philippe BAS soulignait l’importance du burn out : « Le risque de burn out est particulièrement élevé chez les agriculteurs (23,5 %) devant les artisans, commerçants et chefs d’entreprise (19,7 %) et les cadres (19 %). Viennent ensuite les ouvriers (13,2 %) et les professions intermédiaires (9,8 %) et les employés (6,8 %). »

Contrairement à plusieurs pays européens, la législation française ne reconnaît pas le burn out explicitement.

Dans sa réponse publiée au JO du Sénat le 7 mars 2015, le Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social confirme que le burn out n’est pas « actuellement reconnu comme une pathologie en tant que telle, au sens des classifications médicales de référence. » Il précisait que des travaux « sont en cours entre les partenaires sociaux au sein de la commission des pathologies professionnelles du Conseil d’Orientation sur les Conditions du Travail, le COCT, pour élaborer des typologies médicales et des recommandations permettant le cas échéant de faciliter la reconnaissance du burn out au niveau du système dit complémentaire » (Source : senat.fr).